Demain, demain, demain ! Il va se passer quelque chose de formidable.
Au gouvernement, on multipliera les déclarations tout en se félicitant, en coulisses, de l'heureuse diversion.
Dans la rue, les gens s'arrêteront de marcher pour sauter les uns au cou des autres et s'embrasseront, les larmes aux yeux, ne pouvant y croire.
Demain, le soleil explosera en plein ciel, les étoiles pleuvront sur une lune incroyable, et les nuages danseront un quadrille endiablé. Les oiseaux, emportés par de puissants tourbillons, piailleront de bonheur tandis qu'encontre-bas, perchés sur les toits, des chats miauleront en coeur. Les chiens batifoleront, les mouches seront de petites fusées et les crocodiles, sortant des égouts dans lesquels ils se tenaient tapis, claqueront des dents, en rythme, pour participer à la fête comme il leur siét, à leur manière.
Ma boulangère sera gaie, mon buraliste aimable; ma logeuse souriante, le petit garçon de mes voisins n'aura pas crié de la nuit. Les poubelles, sorties, ne sentiront pas; les vieux, rentrés, ne fuiront pas non-plus. On verra passer des bandes spontanées de manifestants s'époumonant à remercier le ciel tandis qu'accoudées aux fenêtres, les mégères leur jetterront des poignées de pétales de fleurs. De fermés, les commerces se verront rouverts ; de déprimés, les auvergnats souriront pour une fois de toute la largeur de leur moustache.
Mes souliers zlip-zlaperont, ma chemise snap-claquera, mes cheveux au vent zouleppailleront tandis que, charmés par une brise tiède, mes oreilles niffissineront. J'aurai les ongles moqueurs, les dents avantageuses, les genoux en marabole et une cheville, une seule, qui zinzidulera dans la mouvance ambiante.
Au loin, on aura beau dire, on suivra : et les récalcitrants, les réfractaires, disparaitront dans une faille géologique qui leur aura été consacrée. On éliminera les râleurs, les pis que rien, les mandibulés et les assassins de bon-joli-coeur-mes-dames. On fera la chasse aux maraudoux, aux fileux, aux exquises mais malfaisantes niffeteuses, aux ravagés du cru, aux gimauves sans réglisse. Partout, nulle part, ne subsistera la moindre angoisse.
Alors, comme pour parfaire le tableau, un vaste bleu s'étendra au dessus de nos têtes extasiées, et notre chant portera plus haut, plus loin, rejoignant le chant des autres peuples au delà du visible. Des pluies de notes mêlées nous reviendront; des vagues mousseuses d'autres sentiments écumeront à notre bouche, et nos têtes dévissées s'envoleront à leur tour pour caresser la voûte céleste. Il y aura des chats, des licornes, un dattier géant et des mirabelles. Tout ce beau monde virera, tournera sur lui-même à l'envers, basculant peu à peu d'en haut, en bas. Et le monde, avantageusement remplacé, sourira de ses mille chocottes.
Ne sera-ce pas beau, en vérité? Il faut y croire.
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4 commentaires:
que c'est beau!
mes mains claquent claquent de bonheur devant tant de grâce exprimée
mes oreilles frissonnent d'émotion
mes mandibules chantent
mes orteilles vibrent
viva el cômy!
musy
on est le 14 mai et je ne vois pas ces merveilleux changements.
Donc, ou ce ne sont que menteries (mais je n'ose le croire), ou nos calendriers ne coïncident pas...Z
Moum
Bonjour Comi, je suis boulversifiée par ton blog mais par rapport au rythme effréné de celui de Musy,le tien tourne un peu au ralenti...On attend avec impatience de tes nouvelles par blog ou forum des cousins interposé.
Salut Khomir !
Tu ne nous submerges pas d'articles... Trop de boulot ou au contraire trop de flemme ?
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