Mention préventive : le titre, c'est la version courte de cet article; au delà, rien d'intéressant, aucune réponse, que du jus de rave.
Mention préventive (2) : pour alimenter le sujet abordé par cet article, l'auteur, soucieux de la vérité de propos qui allaient l'engager, a effectivement cuisiné des brocolis. Ceux qui le connaissent apprécieront l'effort; les autres ne lisent de toutes façon pas ce blog :-).
Mention préventive (3) : les acteurs qui ont réalisé ce sketche sont des professionnels. Ne tentez pas de faire la même chose chez vous ! Les concepteurs de l'émission ne sauraient, en aucun cas, être tenus pour responsables des dangers encourus.
Bref. Mes brocolis sont-ils assez cuits? Grave question.
J'ai décidé de me nourrir en homme soucieux de l'équilibre de son régime alimentaire et, enthousiaste à l'idée de brouter, j'ai, ce soir, cuisiné des brocolis.
Vaste programme ; j'ai mis mon panier vapeur à bouillir, accompagnant l'attente d'une ou deux tartines de fromage (fourme d'Ambert, du terroir pur ! ça ne peut pas faire de mal). Pendant que les fleurettes de brocolis, petites pousses niaises d'un vert caca-d'oie, prenaient leur temps au hammam, j'ai également fini ce reste de curlys qui traînaient depuis trop longtemps - homme neuf, responsabilités nouvelles ! Je range tout ce qui n'est pas à sa place, précisément là où cela devrait être. Une bonne chose de faite, choupette!
Au moment de mettre le couvert, j'ai hésité. Si. J'avoue. L'idée qu'il me faudrait ajouter à la torture culinaire l'ignominie d'une VAISSELLE à faire était au dessus de mes forces. Mais, rassurez-vous, la conscience de l'homme nouveau que je suis devenu est en train de rédiger les procédures opérationnelles qui m'éviteront à l'avenir ce genre de dilemme vital ; je n'ai néanmoins pas attendu qu'elle finisse et, sur la lancée, j'ai sorti une assiette propre et une fourchette propre également, que j'ai salies. On mesure à peine l'exploit, tant il est prodigieux.
Vous vous demandez où je veux en venir, après cette introduction longue et passablement inintéressante. Et bien, présentement penché au dessus de mon panier vapeur, je m'interroge je scrute : mes brocolis, sont-y cuits ou sont-y pôs cuits? Mon ami Denis, qui n'en rate pas une, m'avait bien dit : "si tu ne peux pas les faire cuire à la vapeur, blanchis-les dans l'eau!". En l'occurence, j'ai fait les deux, puisqu'il y a trop d'eau dans la casserole et que mes fleurettes niaisonnes baignent leurs furoncles dans le jus de massération tropicale qui bout sous le couvercle. Pour autant, ni rouges, ni bleus, ni blancs - mes brocolis sont d'un vert exaspérant.
Verts comme s'ils étaient crus - on m'a dit : "meuh c'est normaaal, les brocolis restent verts, même cuits !". Merci du tuyau, mais ça ne m'aide pas vraiment. Ajoutez à ça mon daltonisme (ils sont tous bleus, mais on m'avait prévenu), l'heure (si je peux mentir pour embellir l'histoire, je dirai que ça m'a pris vers 3H30 du matin) et le fait que le jus de brocolis, qui mijote au fond de la casserole, est rouge (et là, ça vous en bouche un coin). Mêêême en compensant le daltonisme, il n'est pas de la couleur du crustacé végétal qui agite son corail au milieu des flonflons de buée - d'où ma question, logique à bien y regarder : si l'on ne peut déterminer, par la couleur du légume, la qualité de sa cuisson, le peut-on à la teinte de son jus?
Je vous laisse donc transgresser la mention préventive n°3 et essayer, chez vous, de reproduire mon expérience oh combien intéressante et constructive. Si vous trouvez une solution, lâchez-vous, j'offre ma prochaine assiette de légumes niais à celui qui me convainc. Je n'ajouterai pas qu'après cette pénible expérimentation, soldée par un échec honteux, j'ai appris comment reconnaître des brocolis trop cuits (à l'odeur, indubitablement); puis je les ai mangés (cf. mon prochain article à intituler : "désordres gastriques et autres mentions poétiques à l'endroit du bidon"). Maintenant, là tout de suite, je souffre psychologiquement - mais je suis fier de l'avancée que la science me doit. Demain, je teste l'épinard (tout vert qu'il reste, est-y cuit, est-y pôs cuit...?).
Enfin, je précise à mes amis Richard P. O'Brien et Jon O'Sullivan que cet article, pour une fois, ne contient aucun mot-qui-n-existe-pas (même gastrique et massération sont des vrais mots); je les engage donc à apprendre ce texte par coeur pour le réciter en toute occasion, ce qui leur permettra de porter haut le verbe de Rousseau (grand défenseur de l'état de nature), d'épater leurs petites amies Aideen et Deirdre et de faire connaître au monde entier le brocolis, fût-il bien, pas assez ou trop cuit. Amis lecteurs des quatre vents, merci à vous !
lundi, octobre 09, 2006
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11 commentaires:
Je l'attendais, je le guettais, je salivais à l'idée d'un nouvel article... Et le voilà ! Et, joie suprême, il porte sur la gastronomie, préoccupation importante du célibataire moyen dans notre genre, qui se pose la question "Qué-que-j'vé-ben-pouvoir-bécqueter-sans-tarder-et-sans-m'crever ?!"
A cette question délicate, Côme choisit opportunément de s'improviser expérimentateur ès-brocolis, exploit dont je souligne l'audace ! Si j'étais malhonnête, je dirais que pour ma part, si je ne cuisine pas de brocolis, c'est parce que je ne possède pas le récipient ad hoc (ou Haddock si le brocolis est accomodé avec du poisson). Mais je suis franche, et je vous dirai ouvertement que le brocolis est mauvais hein (comme les ta'tes aux concomb'). De plus, ce légume qui a l'aplomb de pousser sournoisement en jolis bouquets de fractales a une odeur fétide qui n'est pas sans rappeler celle de la panse de brebis farcie chère à nos amis Richard P. O'Brien et Jon O'Sullivan (qui, soit dit en passant et d'après mes sources, habitent plus près du périph que des campagnes anglo-saxonnes).
Bref, je m'égare, alors que ce pauvre Côme, dans l'angoisse de l'attente de nos conseils de cuisson, s'est rongé les ongles jusqu'au sang :
Le secret du brocolis, c'est que le bruit du couteau sur la tige est "Schtonck" lorsque celui-ci est cru et "Schplweff" lorsqu'il est cuit...
Bon apétit, bien sûr!
D'abord toutes mes félicitations pour ton audace et ta volonté. Bien que nutritioniste, je n'ai encore jamais tenté une telle expérience (enfin si, une fois mais en surgelés).
Alors d'abord pourquoi as-tu bien fait d'acheter des brocolis ? Je me suis renseignée et après enquête, voilà mes conclusions :
1 : c'est bon
2 : c'est l'un des légumes les mieux pourvus en vitamine C : 110 mg/100 g cru, et encore 60 mg/100 g après cuisson. Ainsi, avec une portion de 200 mg, on atteint l'apport quotidien recommandé.
Il est également très bien pourvu en provitamine A (2,4 mg aux 100 g), molécule très recherchée pour ses propriétés anti-oxydantes, et en vitamine B9, qui permettrait de réduire le risque de cancer du colon.
Autre atout et non des moindres, le brocoli est moyennement énergétique : pas plus de 25 kcal/100 g, taux similaire à celui du fenouil et de l'asperge.
Il est aussi riche en fibres (3 mg/100 g), bonnes pour le transit intestinal, et en composés soufrés, substances aussi présentes dans les choux (près de 140 mg/100 g dans le brocoli, contre 85 mg dans le chou-fleur et 70 mg dans le chou vert) qui ont une action bénéfique dans la protection du cancer.
Enfin, l'eau de constitution du brocoli (plus de 90 % des constituants totaux) est riche en minéraux : potassium, calcium, phosphore, magnésium...
Pour la cuisson :
Prépare le brocoli en le passant sous l'eau, en sectionnant sa tige et en le faisant cuire brièvement : pas plus de 5 minutes à la vapeur, 7-10 minutes dans l'eau bouillante, 6-8 minutes au micro-ondes.
Pour qu'il conserve sa belle couleur verte ou bleue ;-), plonge-le, sitôt cuit, dans de l'eau glacée quelques instants.
Sinon, tu sais c'est très bon cru aussi...
Bonjour Silouane. Tu as le talent de ecrire dans ce blog quelques choses qui sont joyeuses et simples. Mais tu n'ecris pas souvent. Je dois attendre un long temps avant de lire. Ce n'est pas une chance de etre une femme daltonien : je pense que c'est pas repandu.
Je ne comprends pas tres bien les posts des autres lecteurs. Est cela de la humour aussi ? Je laisse a toi ma adresse pour que tu m'avertis dans le cas de nouveaux messages que tu laisses, please. Mon professeur de francais est joyeux de mon travail. Au revoir.
Richard.P.Obrien@hotmail.com
Dis-donc, nos amis anglophones commencent à dévoiler leur jeu : ils sont séduits par la si poétique Silouane ;-) Que penseraient-ils de la barbe de cette créature ?
My boyfriend (Jon O'Sullivan) has shown me your original and "wild" blog, and I see why it's so a pleasant way for him to learn French ! I'm not so good at french speaking than Jon, but he has translated me some of your posts.
Well, Jon is asking me to tell you that he doesn't find the word "massération" in his french dictionnary (is there a spelling mistake ?) so he can't understand the sentence in which this word takes place. Have a good week-end, and see you !
Bravo Khomirh pour cet article culinaire. C'est courageux de te lancer dans la gastronomie (astronomie gastrique ou étude du vide de l'estomc). Mais pourquoi spécialement les brocolis ?
C'est le légume préféré de ma cantine... je suppose que ce n'est guère onéreux. PB: c'est mauvais! Pour la diététique, rien ne vaut les tomates.
Courage! L'odeur passera d'ici un ou deux mois dans ton petit logis
Je suis tres desole de vous attrister mais je ne connais pas les Aideen et Deirdre que vous parlez. C'est il une blague encore ? Cela serait peu aimable de vous.
si tu manges des brocolis, tu n'es plus mon frère! ces petits trucs verts me dégoûtent!
musy
Trop cool Cômi cet article de gastronomie ! J'avoue que je ne m'étais jamais posée la question de la cuisson d'un légume pour un daltonien :)
Moi, je résoudrais la solution de la cuisson en mangeant mes brocolis crus tout simplement (et en plus c'est bien meilleur cru :-)).
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