- Un dindon. Un DINDON ! hurle le Directeur. Vous croyez que je n'ai rien d'autre à faire que de... de quoi? De vous relire vos consignes de mission? Et tout ça parce que... parce que quoi? Que vous avez, de vos doigts gras, fait baver l'encre? C'est bien ça?
- Oui, monsieur le Directeur, aquiescé-je, confus.
- Mais achetez-vous du buvard ! Faites travailler des moines copistes, que sais-je ! Vous démarrez très mal, mon petit, ajoute-t-il en balançant un doigt vengeur sous mon nez.
Cela ne manque pas, j'ai toujours été allergique au dernier degré : j'éternue généreusement et me prends, en retour, une chiquenaude à faire valser un Boudha sur son tapis de nems.
- Vous avez rendu votre lettre de mission illisible et il faut, en plus, que vous tentiez de me refiler la grippe aviaire ? Du vent, allez ! Reculez de trois pas.
(Je m'exécute).
- Bon !! Que disais-je? - Non, taisez-vous. Café.
(Devant le peu d'émerveillement de mon regard, il s'arrête, me fixe, et agite sa tasse sous mon nez).
- CAFEEEEE !
(J'éternue, et me baisse dans le même temps pour éviter la tasse qui voltige et va s'écraser sur le mur. Arrivée de Mireille, barissement comminatoire, aller-retour instantané de Mireille qui revient, cafetière fumante en main).
- Merci.
(Regard ahuri de Mireille, soupir fatigué du Directeur, nouveau hurlement du Directeur).
- Merci : sortez ! Du vent, du balai, comme vous voudrez ! Allez, ouste, au placard !
2 commentaires:
pauvre mireille!
courage dindonneau la mission arrive
marjolaine
mireille... est-ce elle qui a chanté "des milliers de colombes" d'une voix de mégère, place de la bastille lorsque sarko a été élu?
Enregistrer un commentaire